« Incertitude scientifique ou technologique » semble bien loin de la médecine. En pratique, l’expression décrit une situation familière : votre équipe se heurte à un problème auquel les données probantes publiées, les méthodes courantes et ses propres connaissances existantes ne permettent pas de répondre.
Un critère simple
Posez-vous cette question :
Une personne qualifiée, à partir de ce que votre équipe savait déjà et de l’information publique raisonnablement accessible, pouvait-elle prédire si l’approche proposée fonctionnerait?
Si la réponse était déjà connue, la réalisation des travaux a peut-être tout de même été difficile, mais ils étaient probablement courants aux fins de la RS&DE. Si la réponse ne pouvait être trouvée que par une expérimentation ou une analyse systématique, le projet a peut-être fait face au bon type d’incertitude.
L’écart doit exister dans les connaissances scientifiques ou technologiques accessibles à l’équipe et par des sources publiques raisonnables. Le manque d’expérience d’une personne ne suffit pas. Une personne en formation qui apprend le fonctionnement d’un dosage validé acquiert des connaissances existantes. Une équipe qui met un dosage à l’essai parce que personne ne sait comment une interférence dans un nouveau type d’échantillon l’affectera peut être en train de produire de nouvelles connaissances.
À quoi cela peut ressembler en médecine
Un protocole publié peut devoir être adapté à une population pédiatrique lorsque les données chez l’adulte ne permettent pas de prédire le comportement selon la dose. Une méthode d’imagerie peut fonctionner sur un appareil, mais échouer sur un autre pour des raisons qu’on ne comprend pas. Un dosage diagnostique peut se comporter de façon imprévisible dans un type d’échantillon pour lequel il n’a jamais été validé.
Ces exemples ne sont pas admissibles simplement parce qu’ils sont médicaux ou complexes. Ce qui compte, c’est que les connaissances accessibles ne pouvaient pas fournir la réponse et que l’équipe a tenté de la trouver par l’expérimentation ou l’analyse.
Cette investigation devrait suivre un fil conducteur clair. L’équipe part d’une explication ou d’une solution possible, la met à l’essai, consigne ce qui s’est passé et se sert du résultat pour décider de la suite. Les essais et erreurs peuvent faire partie de ce processus lorsque chaque tentative est planifiée et que chaque résultat oriente la suivante.
Le projet n’a pas à réussir. Comprendre pourquoi une solution proposée échoue peut tout de même apporter des connaissances utiles.
Rendre l’inconnu visible
Un examinateur voit les travaux longtemps après qu’ils ont eu lieu. Vos documents devraient montrer ce qui était inconnu au départ, quelles approches ont été mises à l’essai, ce que l’équipe a observé et ce qu’elle a appris.
Les cahiers de laboratoire, les modifications du protocole, les données des essais ratés, les fichiers d’analyse et les comptes rendus de réunion contiennent souvent déjà ce récit. L’important est qu’ils soient datés et suffisamment précis pour montrer comment la réflexion a évolué au fil du temps.
Les demandes de subvention ont tendance à souligner pourquoi un projet a de bonnes chances de réussir. Une description de RS&DE a un autre rôle. Elle explique ce que l’équipe ne pouvait réellement pas savoir et comment elle a tenté de trouver la réponse. Un court échange confidentiel sur l’admissibilité peut aider à déterminer si vos documents montrent ce type d’incertitude et si les travaux valent la peine d’être évalués plus à fond.
